Maroc
Contexte : Le VIH, les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles (IST) demeurent des enjeux importants de santé publique au Maroc, malgré les progrès réalisés en matière de prévention, de dépistage et de prise en charge dans une dynamique de renforcement de l’accès aux services de santé et d’amélioration de leur qualité. Certaines populations restent toutefois particulièrement exposées, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les travailleuses et travailleurs du sexe (TS), les personnes qui consomment des drogues injectables (PUD), les personnes transgenres ainsi que les personnes détenues. Les vulnérabilités sociales, juridiques et structurelles auxquelles ces populations sont confrontées peuvent limiter leur recours aux services de prévention et de soins.
Face à ces enjeux, le Maroc a inscrit l’accélération de la lutte contre le VIH, les IST et les hépatites virales au cœur de son plan stratégique national intégré (PSNI) 2024-2030. Celui-ci prévoit notamment le renforcement de la prévention combinée afin de proposer aux populations les plus exposées une offre de services adaptée à leurs besoins. Cette approche repose sur l’articulation de plusieurs interventions complémentaires, incluant le dépistage, l’utilisation de préservatifs et de lubrifiants, la prophylaxie pré-exposition (PrEP), l’autotest, la prévention des IST et la réduction des risques. Elle implique également de prendre en compte les obstacles qui entravent l’accès aux soins, notamment la stigmatisation, les discriminations et les difficultés à garantir la confidentialité des prises en charge.
Dans ce contexte, les établissements de soins de santé primaires (ESSP) constituent un levier essentiel pour rapprocher les services de prévention des populations clés et faciliter leur orientation vers les structures adaptées. Les professionnels de santé doivent ainsi pouvoir proposer un accueil respectueux des droits des usager·ère·s, adapté à leurs besoins et exempt de stigmatisation ou de discrimination.
Cependant, l’absence d’un référentiel pratique harmonisé encadrant la délivrance des prestations de prévention combinée constitue une limite à l’uniformisation des pratiques au sein des ESSP. Dans cette perspective, la direction de l’épidémiologique et de lutte contre les maladies (DELM) du ministère de la Santé et de la protection sociale, avec l’appui du fonds mondial, souhaite élaborer un guide national de prévention combinée du VIH, des IST et des hépatites virales à destination de ces établissements. L’assistance technique mobilisée dans ce cadre doit contribuer à actualiser le paquet minimum de services et à formaliser les normes techniques et organisationnelles applicables. Elle vise également à renforcer les compétences des professionnels de santé et à mettre à leur disposition des outils pratiques pour améliorer et évaluer la qualité des prestations, et soutenir ainsi la mise en œuvre des orientations nationales et favoriser un accès plus équitable à des services de prévention intégrés, confidentiels et adaptés aux besoins des populations clés et vulnérables.
Objectif général : élaborer un guide national constituant un référentiel de bonnes pratiques de la prévention combinée du VIH, des IST et des hépatites virales, destiné aux professionnels des établissements de soins de
santé primaires.
Objectifs spécifiques :
OS1 : mettre à jour le paquet minimum de prestations de prévention combinée qui doivent être disponibles dans un ESSP;
OS2 : décrire les normes minimales organisationnelles, techniques et fonctionnelles applicables aux ESSP offrant des services de prévention combinée;
OS3 : définir les bonnes pratiques relatives à l’accueil, au conseil, au dépistage, à la prévention, à l’orientation et à la référence des bénéficiaires pour promouvoir le concept d’« ESSP accueillants »;
OS4 : définir les mesures permettant de prévenir la stigmatisation et la discrimination dans les services de santé;
OS5 : définir les supports d’information et les affichages recommandés (charte des droits des usagers, services offerts, circuits des patients, messages de prévention, etc.);
OS6 : proposer une grille d’auto-évaluation permettant aux établissements d’apprécier leur niveau de conformité aux bonnes pratiques.
